YOGA

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Aurore avant de commencer une séance matinale (avec son aimable autorisation)

Plus jeune, je faisais du sport ; de l’escalade, de la natation, du running ou du Kung Fu Whu Shu. La naissance de mes enfants et le travail m’ont fait peu à peu lâcher l’exercice physique. J’ai rencontré Zoe par hasard et elle m’a donné envie d’essayer ce qu’elle enseignait.

Voilà maintenant plus de trois ans que je fais du Yoga. Jamais je ne pensais pratiquer cette discipline, était-ce du à un à priori venant de mon éducation ? Je voyais alors le Yoga de manière caricaturale, comme une gymnastique bizarre où des fakirs squelettiques se contorsionnaient sans ressentir la souffrance de leurs membres disloqués ; cette vision s’est vite estompée dès mon premier cours.

Virabhadrasana (Laura – Avec son aimable autorisation)

J’ai eu une chance inestimable : celle d’avoir la meilleure professeure pour mon initiation. L’enseignement donné par Zoe fut une véritable révélation ; jamais je ne suis senti aussi bien après avoir fait un exercice physique. En sortant du tout premier cours, je marchais dans la rue, léger comme un petit oiseau qui vole pour la première fois.

Les cours s’enchainent et pendant la pratique ; Zoe prononce des mots bizarres « Adho Mukha Svanasana », « Balasana », « Utthita Parsvakonasana », « Parivrtta Trikonasana » et d’autres encore, bien incompréhensibles. Je n’essaie pas de les apprendre, d’ailleurs Zoe ne le conseille pas, elle nous dit que ça viendrait tout seul.
Mon ADN sait déjà que cette pratique est faite pour moi, je m’adonne au Yoga avec un plaisir grandissant. Au bout d’un an, je décide d’y aller deux fois par semaine,  je ressens les bienfaits sur mon corps et sur mon mental, je suis totalement en harmonie avec cette philosophie ; pas de compétition, ni de chalenge, je ne parviens qu’a faire un tout petit grand écart, ce n’est pas grave, ça viendra peut-être plus tard ou peut être jamais, l’essentiel étant d’ouvrir la voie. L’addiction surgit, l’incomparable sensation de quiétude et les endorphines générées pendant la pratique me rendent réellement accro. Je désire alors approfondir mes connaissances sur le Yoga ; « The Heart of Yoga »[1], « La Bhagavad-Gitâ »[2] ou les « Yoga-Sûtras »[3] font partie de mes livres de chevet. Au réveil, je pratique un quart d’heure à une heure en fonction de mon temps disponible en terminant toujours par un Padma Namaskar enseigné par Zoe.

Padmasana (Nastia – Avec son aimable autorisation)

Ouvrir l’espace

Nous avons tous été des bébés, nous possédions une souplesse inimaginable, toutes nos cellules étaient parfaitement en place. En grandissant, le monde extérieur va nous imposer de multiples contraintes : les ordres infligés vont nous modeler, nous formater ; ce qui créera des tensions. Le Yoga nous permet d’ouvrir l’espace qui s’est comprimé par toutes les contraintes que nous avons subi, de recréer un espace entre chaque cellule de notre corps, de remettre nos organes à leur place initiale, de créer de l’espace dans nos pensées et dans notre esprit et ainsi se libérer.

Circulation de l’énergie

Nous avons besoin d’énergie pour vivre, elle est d’abord fournie par notre Maman, quand nous étions dans son ventre. À notre naissance lors de notre première inspiration, l’air est la première nourriture que nous rencontrons. Toutes les autres énergies sont vitales, manger sainement, sans excès permettra à nos cellules de se régénérer de manière optimale.
La première chose que nous apprend le Yoga est de respirer pour alimenter organisme, cette discipline est nommée « Pranayama », elle consiste à inspirer et expirer de la façon la plus équilibrée possible, de manière optimale pour bien nourrir tous nos organes demandeurs d’oxygène. Par la respiration contrôlée, nous apportons à nos cellules le juste besoin en oxygène. Quand Zoe me disait qu’elle percevait le bruit de ma respiration, cela impliquait qu’il y avait un déséquilibre entre l’effort musculaire et le souffle et que je devais corriger cela.
Pour respirer de manière efficace, nous devons ouvrir notre cage thoracique, ce qui a pour effet d’augmenter la surface des bronches avec l’air, notre diaphragme va agir comme un piston, pour ventiler nos poumons, doucement, calmement, de manière inaudible, telle une vague qui monte et qui descend tout le long de la colonne vertébrale. Le contrôle du flux d’air est assuré par la contraction de l’épiglotte, la respiration obtenue est la plus économique qu’il soit, elle fournit la quantité exacte d’oxygène dont le corps a besoin, ce qui a pour effet de réguler la fréquence cardiaque et d’optimiser la circulation sanguine. On nomme cette technique la respiration Ujjayi : le souffle victorieux. Des études récentes ont montré qu’une respiration contrôlée stimule le nerf vague gauche, active l’insula gauche et bloque ainsi l’insula droite, ce qui désactive la prise de décisions, ce qui permet d’évacuer le stress et de bloquer les émotions[4]. Une bonne pratique du Pranayama pendant la pratique assure une meilleure décontraction des muscles, une meilleure prise des postures et de l’équilibre en accroissant sa concentration.

Difficile Bakasana dans le sable mouillé à Marie-Galante (Photo Éric Melet)

Séquences

Une séquence est une étude de postures enchainées graduellement pour préparer les muscles à être étirés et fortifiés, cet enchainement, coordonné à la  respiration et à la concentration, permet de remettre les organes en place, de faire circuler l’énergie et de développer le système proprioceptif. Ces postures, nommées en Sanskrit Asanas, ont d’autres actions bénéfiques, elles créent des blocages de l’énergie dans certaines zones corporelles qui vont se traduire par une augmentation de sa propagation dans d’autres zones. Par des actions de pression et de dépression, tels de micro-massages, les muscles vont créer de l’espace dans le système circulatoire du sang et de la lymphe. Une séquence doit être bienfaisante ; comme le Yoga n’est pas une compétition, des variantes aux postures avancées sont utilisées en fonction du niveau ou de la condition physique du moment. Le Asanas bien pratiqués préservent les articulations, les tendons ou les ligaments. Dans mon cas personnel, la pratique du Yoga m’a permis de retrouver mes genoux d’antan, dont les cartilages avaient été abîmés par de nombreuses chutes, ce qui m’a permis de courir à nouveau. Quand une séquence est bien enseignée, on en ressort revigoré, sans avoir de fringale ou de fatigue, par exemple, après chaque séance de running, je pratique une séance de Yoga, ce qui permet de ne pas souffrir de courbatures.

Lotus sacré – Jardin des Martels

Méditation

La philosophie occidentale, en particulier le cartésianisme, a tout voulu ranger dans des cases, représenter de façon figée les choses. Plus on avance dans l’analyse scientifique, plus on se rend compte que notre corps est un joyeux bordel organisé. Autrefois, on croyait que seul le cerveau était le siège de l’intelligence, on m’a enseigné, dans les années 70, que seul le cerveau possédait des neurones, un nombre fixe à la naissance qui se détruisaient à partir de l’adolescence, on sait aujourd’hui que c’est faux, que le fait d’avoir une activité physique participe à leur régénération[5]. Les neurones sont disséminés dans tout le corps, dans les intestins, dans les fascias des os, des muscles, des tendons ou du derme ; notre corps entier est intelligent. Notre cerveau est principalement relié à nos yeux et à nos oreilles, il mémorise les images et les sons qui lui parviennent, s’en souvient pour effectuer des projections et de la communication, il sert aussi à analyser les autres informations neurologiques provenant du corps, tel que l’intestin, pour prendre des décisions face à la faim, la peur, l’ennui ou le désir, de ce fait, notre cerveau est en perpétuelle agitation, il est à l’affut de toute information extérieure et c’est son rôle. Rester concentré sur un point, ne pas se laisser distraire par des idées qui nous assaillent, le Yoga est une réponse permettant de contrôler tout notre système nerveux, incluant les neurones destinés à la proprioception. La possession d’une certaine pratique du Yoga, du Qi Gong ou des Taos nous fait enchainer des postures sans qu’on ait à réfléchir. Nous nous mettons dans un état de grâce qui permet de pratiquer en fermant les yeux où plus rien n’intervient, notre cerveau est déconnecté de son agitation habituelle, nous n’éprouvons plus d’émotions et seul un état méditatif subsiste.

Foggy sunrise – Avenue de Grande Bretagne – Toulouse

L’esprit Yogique

Perception du monde qui nous entoure, joie, équanimité, acceptation, altruisme, simplicité, maîtrise du corps et du mental, bienveillance, empathie, respect, non-violence, lucidité, abnégation, équilibre… Cette philosophie permet de rester en connexion avec soi-même dans l’unité et de se connecter avec le monde du vivant et le cosmos. L’esprit Yogique, c’est de se contenter de ce que l’on possède sans essayer d’en avoir plus, de s’extasier devant des choses simples telles qu’un lever de soleil. Il permet un développement personnel harmonieux dans une sobriété heureuse. Une pratique assidue du Yoga est à l’antipode de ce que notre société d’abondance préconise, en réduisant les efforts que la vie nous impose tout en ayant une activité beaucoup plus riche. Pour conclure, l’esprit Yogique : c’est de dire oui à la vie, de s’accepter tel qu’on est, d’accepter le monde tel qu’il est, de se sentir connecté, en totale harmonie, avec notre environnement et d’être en paix avec soi-même.

Enjoy your life and hope you’re smiling!

Et aujourd’hui (mise à jour du 6 juillet 2018)

Le yoga fait toujours partie de ma vie, je pratique avec régularité des séances et des stages avec plusieurs professeures, cela me permet de changer mes habitudes, de corriger certaines positions et d’en apprendre d’autres. Avec Lea, j’ai redécouvert l’Ashtanga avec une toute autre vision, avec Büge je perfectionne mes postures, la perception de mon corps et j’apprends des techniques avancées.

Les profs avec qui j’ai pratiqué.
Elles possèdent une longue expérience de pratique personnelle et une réelle capacité à enseigner, ce n’est pas une question de diplôme, mais un don que l’on développe, une faculté innée que peu possèdent.

L’atelier du Yoga – Yoga/ Massage/ Natural Therapies
Zoe Levi (enseignement en anglais)
Hatha dynamique, pranayama
15, place Intérieure de l’Église
31700 Blagnac

Lea Lau (enseignement en français, allemand ou anglais)
Ashtanga, pranayama

Affordable Yoga & Fitness
Büge Bozbey (enseignement en anglais)
Vinyasa dynamique, pranayama

[1] : The Heart Of Yoga – T. K. V. Desikachar – ISBN: 978-0892816811
[2] : La Bhagavad-Gitâ – Shrî Aurobindo – ISBN: 978-2226012784
[3] : Yoga Sûtras – Patanjali – ISBN: 978-2226052476
[4] : How Do You Feel?: An Interoceptive Moment with Your Neurobiological Self – A. D. (Bud) Craig – ISBN: 978-0691156767
[5] : TEDxParis 2012 – Pierre-Marie Lledo – La plasticité cérébrale ou la régénérescence du cerveau

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  • Laurent